18/12- Soutenance de thèse de Mme Chloé LEBAS

Soutenance de thèse

Mme Chloé LEBAS soutient sa thèse de science politique intitulée "Forçats du bitume et ouvriers du jeu vidéo en grève. Nouvelles formes d’action collective dans le capitalisme numérique " le 18 décembre 2025 à 14h00 en salle Guy Debeyre (FSJPS, 1 place Déliot à Lille). Elle a été préparée sous la direction du Pr.Jean-Gabriel CONTAMIN au sein du CERAPS.

Membres du jury

M. Jean-Gabriel CONTAMIN  Université de Lille  Directeur de thèse 
Mme Sophie BÉROUD  Université Lyon 2, Triangle  Rapporteure 
Mme Camille DUPUY  Printemps, Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines  Rapporteure 
M. Karel YON  IDHES - Paris Nanterre  Co-encadrant de thèse 
Mme Sophie BERNARD  Université Paris Dauphine PSL  Examinatrice 
Mme Aude LEJEUNE  CERAPS Université de Lille  Examinatrice 
M. Nathan FERRET  ENS de Lyon (Centre Max Weber - UMR5283)  Examinateur 
Résumé :  

Cette thèse retrace le processus de construction de mobilisations professionnelles dans des secteurs émergents de l’économie numérique particulièrement défavorables à l’action collective : la livraison à domicile et la conception de jeux vidéo. Cette comparaison de deux mondes professionnels permet de revenir sur l’unité supposée d’un nouveau « capitalisme numérique ». L’étude de secteurs qui étaient jusqu’alors des déserts syndicaux est l’occasion d’actualiser les nombreux travaux sur la « crise » » et le « renouveau » du syndicalisme en se demandant ce que ces nouvelles configurations socio-techniques font aux logiques et aux formes d’engagement. L’enquête qualitative révèle que des éléments de l’organisation du travail producteurs d’individualisme peuvent, paradoxalement, devenir le ferment de contestations. La conflictualité, qui s’exprime par l’organisation de grèves plus ou moins régulières, est à l’origine des premières formes d’organisation collective dans chacun des secteurs. La syndicalisation progressive suit des logiques exogènes et endogènes aux milieux de travail, qui expliquent des formes d’adaptation du répertoire d’action aux enjeux spécifiques que rencontrent les travailleur.ses, tout en réaffirmant l’importance des syndicats « traditionnels » pourvoyeurs d’importances ressources. Leur légitimité est cependant contestée par un ensemble d’acteurs –politiques, associatifs ou humanitaires – investis dans la défense de ces travailleur.ses et la contestation des multinationales du capitalisme numérique. L’évolution des mobilisations révèle des dynamiques d’institutionnalisation ambivalentes.