18/12- Soutenance de thèse de M. Joël MUNONGO-YULA

Soutenance de thèse

M. Joël MUNONGO-YULA soutient sa thèse de science politique intitulée "La Politique des déchets à Kinshasa : problème public, compétition électorale et économie de la débrouille" le 18 décembre 2025 à 09h30 en salle Guy Debeyre (FSJPS, 1 place Déliot à Lille). Elle a été préparée sous la direction de la Pr. Anne-Cécile DOUILLET au sein du CERAPS.

Membres du jury

Mme Anne-Cécile DOUILLET 

Université de Lille 

Directrice de thèse 

M. Charles  ODIKO  

UNIVERSITE DE KINSHASA 

Rapporteur 

M. CLEMENT  BARBIER  

UNIVERSITE POLYTECHNIQUE DE HAUTS DE FRANCE A VALENCIENNES  

Examinateur 

Mme BENEDICTE  FLORIN  

UNIVERSITE DE TOURS  

Examinatrice 

M. OLIVIER PROVINI  

UNIVERSITE DE LORRAINE IRENEE 

Rapporteur 

Résumé :  

Kinshasa "La Belle", dans les années qui suivent l'indépendance de 1960, est devenue Kin "La poubelle" dans les années 1990. Les déchets urbains (plastiques, ferraille, cartons, eaux usées et ordures ménagères) déversés dans l'espace public, à défaut d'équipement de gestion des déchets, font réagir des habitants, des militants et des experts dans les médias locaux et internationaux. Face à cette situation, certains acteurs lancent des initiatives, programmes et projets pour lutter contre les nuisances liées aux déchets : opérations de salubrité publique portées par des autorités urbaines, rachat des déchets plastiques par des PME, construction d’un centre d'enfouissement technique grâce à un financement de l'Union européenne (UE). Cependant, malgré les réponses apportées par les autorités publiques, les professionnels des déchets et l'aide internationale, on observe encore aujourd'hui, en 2025, une multiplication des décharges à ciel ouvert dans certains quartiers de Kinshasa, tandis que la dénonciation des nuisances se poursuit, avec une force variable. Cette étude part de ce constat d’inertie dans le traitement du problème des déchets à Kinshasa entre 1990 et 2025, pour tenter de comprendre pourquoi la question des déchets, pourtant construite en problème public, ne débouche que sur des actions très circonscrites. A travers une enquête par entretiens et observations associée à l’analyse d’un corpus médiatique, la thèse montre d’abord que la crise multiforme (politique, économique et sociale) affaiblit la capacité d'action des gouvernements. Par ailleurs, il apparaît que les déchets constituent une ressource politique dans la compétition électorale dans les quartiers des marges urbaines : par-delà la critique de l’incurie des autorités en place, la forte présence des déchets dans l’espace public permet aux acteurs politiques – élus ou candidats – de lancer des actions très visibles, mais circonscrites et ponctuelles, souvent dans une logique clientéliste. Enfin, les déchets s’inscrivent aussi dans une économie de la débrouille qui permet non seulement la survie d’une partie de la population mais aussi l’accès à des terrains d’habitation, ce qui nourrit des formes de résistance infra-politiques plus que des contestations ouvertes.